Mardi 12 juillet 2011 2 12 /07 /Juil /2011 14:33

Voiçi quelques petites histoires sur la vie chrétienne: n'hésitez pas à écrire vos impressions!

 

 

 

 

Il faut autant d'humilité pour cultiver ses dons que pour accepter ses faiblesses

 

Loin de l'agitation des villes, perdu au miieu des champs d'oliviers, se trouvait un petit monastère.

 

Petit coin d'éternité façonné de louanges, de verdure et de pierres millénaires. Sous les voûtes d'une petite chapelle résonnaient le chant des psaumes s'élevant vers Dieu comme un appel incessant à la Louange. Et lorsque le silence y régnait de nouveau, c'était pour répondre aux âmes que Dieu est toujours présent, partout et tout le temps.

 

Le contraste, avec la rumeur et les tumultes des villes  était saisissant, si bien que nul passant, nul visiteur, croyant ou non, ne pouvait ignorer en contemplant cette antre de silence que l'on goûtait içi à un mystère d'une grande profondeur!

 

Or au sein de cette communauté de dix frères, il y avait deux moines aussi différents que deux être humains peuvent l'être.

Le premier, Frère Aristide, était grand, connaissait bien le latin et le grec. Il était la figure même de la science et de la sagesse. Ses études poussées étaient reconnues dans tout le pays et donnaient un certain prestige à cette petite communauté que le monde aurait pu facilement oublier.

Parfois quelques doctes théologiens venaient lui rendre visite pour avoir quelque éclairage sur tel ou tel sujet épineux. Frère Aristide luttait secrètement contre un brin d'orgueil naturel.

 

Et puis il y avait Frère Jean qui, vous l'avez bien deviné ne possédait aucun de ces nobles dons.

Il n'était pas plus doué pour les études que pour le chant ou la cuisine. Aux offices, son chant était laborieux et sa voix discordante! Seuls quelques rudiments de jardinage lui procuraient un peu de satisfaction, comme le ramassage des feuilles envahissantes en automne, ou le déblayage de la neige en hiver.

Bref, le reste des travaux semblait être, pour lui, trop compliqué.

Evidement, la comparaison était crucifiante, si bien que notre bon Frère Jean se lamentait souvent.

-"Seigneur, as-tu vu la manière dont tu as distribué tes grâces?"

 

 

 A les regarder marcher l'un derrière l'autre, l'un méditant, l'autre claudiquant rien ne paraissait humainement les rapprocher. Chaque petit effort quotidien devenant parfois héroïque.

Pourtant, les deux vies,  s'entrechoquaient mais s'unissaient toujours devant Dieu. C'est ainsi qu'il furent l'un et l'autre toujours fidèles aux offices, des matines aux complies, de leurs premiers voeux juqu'au seuil de leurs vies.

 

Dans la simplicité de cette vie fraternelle Dieu a fait naître deux grands saints dont la gloire rayonne au ciel.

Car sous le creuset de cette vie sobre, à vue humaine dépourvue de grandes grâces, Dieu façonne chaque âme à la mesure d'un amour éternel.

 

Si sous les voûtes de leur petite chapelle, leurs voix étaient discordantes...sous les voûtes célestes, bien au contraire, l'harmonie de cette vie fraternelle demeure d'une pureté parfaite!

 

 

Par Cécile Canivet
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Jeudi 7 juillet 2011 4 07 /07 /Juil /2011 21:03

1 couverture (2) Lorsqu'il était plus jeune, Henri travaillait dans une mine.

Il allait chercher du charbon dans de grands tunnels,

sous la terre, en dessous des

immeubles et des routes...

C'était un travail très difficile, épuisant et dangereux.

Mais du charbon il y en avait beaucoup,

alors tous les amis d'Henri travaillaient à la mine.

 


 

Quelques instants plus tard,

il arriva une étrange chose !

Henri vit dans le ciel des feux d'artifice de

toutes les couleurs...

On aurait dit qu'une fée donnait des coups

de baguette magique, au-dessus de sa tête.

Henri regardait attentivement, il n'avait rien

vu de plus beau, c'était magique !

C'est à ce moment-là qu'il s'évanouit.

Pouf ! Il tomba à la renverse

dans les bras de Jimmy, notre Américain.

Par Cécile Canivet
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Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 22:46

Spirituellement, nous optons généralement pour la « formule Bien être » : de bons amis, la même foi, quelques prières, des petites retrouvailles occasionnelles. Bref, option TOUT  CONFORT … Seulement, voilà que l’actualité nous rattrape en faisant l’effet d’un crash boursier : Crises, ruptures en tout genre, décès et voici que la formule « bien être » se transforme en « plan galère ». Nous sommes un jour où l’autre dérouter, « déranger » dans nos aspirations quotidiennes.

La « grande Thérèse »  (Sainte Thérèse d’Avila) n’hésitait pas à manifester sa colère devant les épreuves successives : « Mon Dieu, quand je vois comment vous traitez vos amis, je comprends que vous n’en ayez pas beaucoup. »

 

 L’imprévu ne semblait pas être dans le contrat ! Comme dans tous les contrats, il ya des clauses que nous ne signons qu’à contrecœur, en espérant que la situation ne se produise jamais... Pourtant nous sommes des gens avertis ! Que nous dit l’Ecriture: certainement que  l’ancien testament est le récit de tous les improbables : Les femmes stériles enfantent, les Hébreux traversent la mer rouge à pieds secs….  Que nous disent les évangiles : Le Christ naît d’une Vierge, il grandit dans la discrétion, évolue dans la contradiction et …meurt sur la croix. Quant aux écrits pauliniens : la conversion de Saint Paul n’est rien de moins qu’un virage à 180°.

 

Accepter de se laisser dérouter semble être une « clause fondamentale » de la foi. Les hagiographies en témoignent : «Les saints sont des gens qui ont accepté une bonne fois d’être toujours déroutés...c’est devenus leur pain quotidien.» (1) Finie la formule  train-train  « catho-resto », suivre le Christ semble être la voie de multiples d’aventures : des moins routinières aux plus inattendues, des plus mystérieuses aux moins planifiables.

 

Dans le domaine spirituel (comme ailleurs) nous avons envie de sécurité. Mais voilà, nous constatons que la prière n’est pas une «assurance tout risque », une monnaie d’échange…Elle dit plutôt se concevoir comme un lien d’amour, un échange d’amitié gratuit avec le Seigneur (2). De même, nous voudrions avoir toutes les cartes en main : sécurité ecclésiale, mutuelle spirituelle ! Et si le tiers payant était envisageable…. A l’inverse, Il nous faudrait un esprit de pauvreté, d’absolu qui accepte de se laisser dérouter, déconcerter.

 

C’est peut être ainsi que nous pouvons vivre ce mois : dans l’inconnu et la surprise, dans le silence et l’attente, sans schéma et sans formule en disant « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute » (3)

 

(1) Marie-Dominique  MOLINIE ; Le courage d’avoir peur, 1994, CERF

(2) Jean-Marie GUEULLETTE, Laisse Dieu être Dieu en toi, Petit traité de la liberté intérieure. Edition du CERF, 2005, 16-22

(3) Samuel 3.9

 

Par Cécile Canivet
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Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 22:44

Les années 70 et 80 recèlent bien des trésors télévisuels qui ont plus ou moins façonné l’idéal féminin. Les premiers téléfilms de l’époque présentaient la femme  comme le fleuron de la réussite. Elle est une « super woman » affranchie  des réalités ménagères. Elle a le talent (non négligeable !) de dénicher de méchants agents soviétiques, d’éviter une guerre bactériologique ou de découvrir les manuscrits de la Mer Morte à l’aide d’une épingle à cheveux et d’une lentille de contact…

 

Pourtant, une question purement «existentielle » taraudait nos esprits de téléspectateurs rationnels : comment peut-elle  être toujours impeccable  ? Ou comment  arrive t-elle à peaufiner son brushing entre deux guerres froides ?

 

Le mythe étant un peu trop « carton pâte » pour être enviable, l’héroïsme féminin évolua doucement vers un autre type de perfection : comprenons que notre amazone était toujours agent secret … mais que son activité  d’espionnage lui laissait , cette fois-ci, le temps de remplir le frigo !  Forcément, elle bouillonnait d’imagination pour gérer les crises internationales entre la poire et le fromage, tout en restant joviale et disponible pour ses enfants. Bref, la femme complète et parfaite sur tous les plans !

 

Cela prêterait à sourire si ce mythe de perfection ne continuait pas à imprégner nos idéaux de mamans, y compris dans notre vie ecclésiale. Pas besoin d’être historienne pour constater que le rôle des femmes dans la vie paroissiale et diocésaine a considérablement évolué au cours des cinquante dernières années. Palliant la chute du nombre de vocations, les tâches s’amplifient, s’intensifient : paroissienne, sacristine, chef de chœur, catéchiste… Voilà des engagements à trois cent pour cent qui cohabitent joyeusement (ou pas toujours) avec une vie de famille.

 

Comment faire pour gérer des emplois du temps d’une savoureuse complexité ? En général, cœur vaillant, tête baissée, la gente féminine fonce ; au diable la fatigue … sauf que la tentation est forte de confondre la sainteté et l’héroïsme : « Le héros est celui qui arrive à vaincre (de ses propres forces). Le saint, au contraire, est celui qui laisse Dieu triompher en lui. »1 écrit le Père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus commentant la vie de la petite Thérèse que nous fêtons justement ce mois ci.

 

« Délivre- moi de la perfection que je veux me donner, ouvre-moi à la sainteté que tu veux m’accorder » clame Saint Augustin. Pour cela, prenons un chemin insolite, le chemin de l’imperfection !  « Notre cheminement de foi passe par nos pauvretés et nos limites. Elles sont signes que nos propres forces sont réduites si elles ne sont pas sans cesse imprégnées par l’amour de Dieu. »2  Une bonne lecture pour remettre tout apostolat dans les bras de Dieu. A méditer !

 

 

1-      « Ton amour a grandi avec moi » P.Marie-Eugène de l’Enfant Jésus (Notre Dame de Vie)

 2-       « Le chemin de l’imperfection » André Daigneault (Maison de l’Emmanuel)


 

Par Cécile Canivet
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Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 22:41

L’œil vif, le poil soyeux, Mabrouk1 franchit avec panache, un tronc d’arbre sur un air de musique classique. Nous, téléspectateurs, l’œil vague et les muscles endoloris, observons ces prouesses techniques dans l’atmosphère cotonneuse de nos intérieurs feutrés. Depuis plusieurs décennies, nos amis les bêtes nous captivent en ramassant une « baballe » ou en donnant la « papatte ». A bien y réfléchir, ils présentent un avantage non négligeable sur nous.  Ils suscitent l’attendrissement avec peu de moyen et provoquent l’empathie à moindres frais. Un capital bienveillance qui nous laisse rêveurs !

 

Le constat est fatal : le capital sympathie chez les humains n’est pas si évident (ça se saurait !) On pourrait même dire qu’il s’acquiert de haute lutte. Et, c’est dommage car nous avons aussi besoin d’être aimés pour peu de choses car à défaut de se sentir aimé tel que l’on est, on s’évertue à conquérir l’affection : Il nous faut beaucoup d’amis et cela mobilise nos pensées et nos âmes assoiffées de reconnaissance.

Bien sûr, on devrait rester convaincus que nous sommes les Bien-aimés de Dieu…mais nous enjambons le principe autant que Mabrouk son tronc d’arbre !

 

Signe des temps, Facebook apparaît avec un potentiel « amical » exponentiel.

En langage « facebook », un contact est un ami. Du coup, nous avons des amis par centaines. De quoi se sentir enivré d’une soudaine popularité. Enfin presque, car le terme « ami » est plutôt un « faux ami ». Il s’agit plutôt d’échanger en réseau avec d’anciens camarades, de la famille ou encore avec: « le frère du cousin de mon ancienne voisine » ! Si le nombre d’amis virtuels explose, paradoxalement, la vie sociale se réduit à un circuit imprimé. Quant aux échanges, certains s’avèrent être aussi « plats » que nos écrans d’ordinateurs.

 

Mais, le clavier prolixe, la phalange verbale, on devient vite accroc ! Le succès est planétaire. Tout comme le SMS, Facebook , plus qu’un simple outil de communication devient une vraie culture ambiante. Evidemment cela bouscule nos vieux schémas, nos usages et bouleverse nos équilibres sociaux. Il semble à tout moment qu’ « un monde s’efface et un autre est en train d’émerger, sans qu’il existe aucun modèle préétabli pour sa construction. » 2

 

A quand une encyclique sur les contacts informatiques ?  Ceci pour comprendre les avantages (il y en a), et les enjeux de nos comportements sur le net et surtout les replacer, les insérer dans une perspective de foi et d’évangélisation. Jean-Paul II affirme : « L’Eglise est toujours une Eglise du temps présent. Elle ne regarde pas son héritage comme le trésor d’un passé révolu, mais comme une puissante inspiration pour avancer dans le pèlerinage de la foi sur des chemins toujours nouveaux. »3

 

Et oui, en cette période de l’avent, Dieu doit aussi s’incarner sur mon écran d’ordinateur. L’Evangélisation par le clavier est sans conteste un enjeu majeur de notre siècle. Voilà de quoi partager avec nos quelques « Millions » d’amis ! Alors, pour que Noël apparaisse dans nos cœurs et sur nos écrans, nous devons clairement avoir conscience que : « ce que montre avant tout les progrès scientifiques et les inventions de la technique, c’est la grandeur infinie de Dieu » 4.

A nos claviers !

 

 

1 Mabrouk est un Berger allemand devenu mascotte du petit écran lors de l’émission animalière 30 Millions d’amis.

2 Proposer la foi dans la société actuelle. Lettre aux catholiques de France. Edition du cerf, page 22.

3 Jean-Paul II, Homélie de Reims, 5, ibid., p. 111

4 Jean XXIII, Pacem in terris, Introduction : l’ordre de l’univers, paragraphe 3.

Par Cécile Canivet
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