Voiçi quelques petites histoires sur la vie chrétienne: n'hésitez pas à écrire vos impressions!
Il faut autant d'humilité pour cultiver ses dons que pour accepter ses faiblesses
Loin de l'agitation des villes, perdu au miieu des champs d'oliviers, se trouvait un petit monastère.
Petit coin d'éternité façonné de louanges, de verdure et de pierres millénaires. Sous les voûtes d'une petite chapelle résonnaient le chant des psaumes s'élevant vers Dieu comme un appel incessant à la Louange. Et lorsque le silence y régnait de nouveau, c'était pour répondre aux âmes que Dieu est toujours présent, partout et tout le temps.
Le contraste, avec la rumeur et les tumultes des villes était saisissant, si bien que nul passant, nul visiteur, croyant ou non, ne pouvait ignorer en contemplant cette antre de silence que l'on goûtait içi à un mystère d'une grande profondeur!
Or au sein de cette communauté de dix frères, il y avait deux moines aussi différents que deux être humains peuvent l'être.
Le premier, Frère Aristide, était grand, connaissait bien le latin et le grec. Il était la figure même de la science et de la sagesse. Ses études poussées étaient reconnues dans tout le pays et donnaient un certain prestige à cette petite communauté que le monde aurait pu facilement oublier.
Parfois quelques doctes théologiens venaient lui rendre visite pour avoir quelque éclairage sur tel ou tel sujet épineux. Frère Aristide luttait secrètement contre un brin d'orgueil naturel.
Et puis il y avait Frère Jean qui, vous l'avez bien deviné ne possédait aucun de ces nobles dons.
Il n'était pas plus doué pour les études que pour le chant ou la cuisine. Aux offices, son chant était laborieux et sa voix discordante! Seuls quelques rudiments de jardinage lui procuraient un peu de satisfaction, comme le ramassage des feuilles envahissantes en automne, ou le déblayage de la neige en hiver.
Bref, le reste des travaux semblait être, pour lui, trop compliqué.
Evidement, la comparaison était crucifiante, si bien que notre bon Frère Jean se lamentait souvent.
-"Seigneur, as-tu vu la manière dont tu as distribué tes grâces?"
A les regarder marcher l'un derrière l'autre, l'un méditant, l'autre claudiquant rien ne paraissait humainement les rapprocher. Chaque petit effort quotidien devenant parfois héroïque.
Pourtant, les deux vies, s'entrechoquaient mais s'unissaient toujours devant Dieu. C'est ainsi qu'il furent l'un et l'autre toujours fidèles aux offices, des matines aux complies, de leurs premiers voeux juqu'au seuil de leurs vies.
Dans la simplicité de cette vie fraternelle Dieu a fait naître deux grands saints dont la gloire rayonne au ciel.
Car sous le creuset de cette vie sobre, à vue humaine dépourvue de grandes grâces, Dieu façonne chaque âme à la mesure d'un amour éternel.
Si sous les voûtes de leur petite chapelle, leurs voix étaient discordantes...sous les voûtes célestes, bien au contraire, l'harmonie de cette vie fraternelle demeure d'une pureté parfaite!
Lorsqu'il était plus jeune, Henri travaillait dans une mine.